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DECLARATION DES PARTIS POLITIQUES SUR LA MAUVAISE DISTRIBUTION DE LA
CARTE NATIONALE D’IDENTITE PAR L’ADMINISTRATION
1. Les Partis politiques signataires de la présente déclaration expriment leurs
remerciements a la communauté internationale qui a bien voulu fournir le
matériel et les moyens nécessaires pour permettre a un bon nombre de citoyens
burundais d’acquérir leurs cartes d’identité nationale.
2. Ils lancent encore un appel vibrant à la appellent la CENI, au gouvernement
burundais et à la Communauté Internationale pour se mobiliser davantage pour
assurer un meilleur encadrement du processus d’octroi de la carte nationale
d’identité.
Le Constat
3. Les Partis politiques signataires font en effet l’amer constat que de
nombreux citoyens notamment les femmes, les handicapés, les élèves et les
rapatriés à qui était destinée l’opération n’ont pas eu la carte d’identité.
Malheureusement pendant la période, l’administration a massivement distribué des
cartes d’identité aux militants du parti CNDD-FDD au pouvoir.
D’une part, des citoyens non membres de ce parti étaient contraints de payer la
carte qui est censée s’obtenir sans frais et que d’autre part, de cartes
d’identité sont distribuées par des responsables du même parti hors du processus
officiel et dans des endroits non autorisés.
4. Nous faisons remarquer que dans beaucoup d’endroits, cette carte d’identité a
été même refusée à ceux qui pouvaient la payer pour autant qu’ils
n’appartiennent pas au parti au pouvoir.
5. Les partis signataires contestent, par ailleurs, la réalité des chiffres
avancés par les services de l’administration qui estiment à un peu plus d’un
million le nombre de citoyens dépourvus de carte nationale d’identité alors que
l’estimation faite par les signataires de la présente est d’au moins trois
millions.
Position des signataires
6. Pour toutes ses raisons, les signataires de la présente recommandent avec
insistance ce qui suit :
a à la Communauté Internationale dont la contribution dans cette opération est
fortement appréciable, de se mobiliser pour que ses efforts louables ne tournent
pas en dérision ;
. b. au Gouvernement de se rappeler que l’octroi de la carte d’identité est de
son devoir et de sa responsabilité, et qu’il sera le seul comptable des
conséquences de l’échec de cette opération ;
. c. à la CENI de se départir de son attitude attentiste et passive sous
prétexte que l’opération est de la compétence du Gouvernement. Ce raisonnement
n’est pas acceptable aussi longtemps que l’environnement qui concourt au succès
des élections le concerne au premier chef. L’octroi de la carte nationale
d’identité relève donc de sa compétence dans le cadre du processus électoral.
Bien plus, il incombe à la CENI de faire respecter le droit de vote aux citoyens
ayant la qualité d’électeurs. Par ailleurs, une CENI sans électeurs n’a pas
raison d’être.
7. En conséquence, les signataires demandent à la CENI :
* De faire preuve de plus d’imagination novatrice, en mettant en place des
mécanismes outre ceux déjà annoncés, qui permettent à tout citoyen en âge de
voter d’exercer son droit et de son obligation de voter, même s’il est dépourvu
d’une carte d’identité qui n’est pas de son fait mais de celui de
l’administration. Pourquoi ne pas permettre aux personnes qui n’ont ni carte
d’identité ni document alternatif d’utiliser les attestations d’identité
complète comme en 1993.
* De prolonger l’opération de recensement électoral afin de donner l’opportunité
à tous les acteurs, dont le Gouvernement et la Communauté Internationale, de
corriger les dysfonctionnements observés dans la distribution de la Carte
Nationale d’Identité.
En cas de besoin, les partis signataires s’engagent à participer à
l’identification des personnes qui ne possèdent pas encore la carte nationale
d’identité nationale. Les signataires déplorent par ailleurs l’attitude de la
CENI qui a refusé l’accréditation des mandataires de certains partis politiques
dans les CECI, sous prétexte que les listes ont été présentées tardivement.
Autant les signataires comprennent le souci de la CENI de faire respecter le
calendrier, autant qu’ils comprennent moins sa rigidité compte tenu du contexte
de harcèlement dans lequel les soumet l’administration.
Fait à Bujumbura, le 22 janvier 2010.
LES PARTIS SIGNATAIRES
CNDD FNL FRODEBU
MSD UPRONA