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Bukavu, RD Congo, 2010-02-19 (CongoVision (RDC)) -
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ELEMENTS D'ANALYSE SUR LES CAUSES DU TERRORISME CIBLE CONTRE
L'ARCHIDIOCESE DE BUKAVU
Source: CongoVision
Note: les opinions exprimées dans cet article ne sont pas
nécessairement celles de BR
Ce 09 Décembre 2009
Par le Prof. Abbé Richard MUGARUKA M.
(Document d'analyse destiné au comité de crise de l'Archidiocèse de Bukavu)
Au delà de l'émotion légitime et justifiée suscitée par les assassinats ciblés
contre les prêtres, les religieux, les religieuses et les institutions de
l'archidiocèse de Bukavu, une réflexion et une analyse objectives s'imposent à
ce sujet. Il faut, en effet, éviter d'une part, de présenter comme un fait
divers ou un accident du au hasard, une situation dont la répétition pose
problème, et d'autre part, de laisser s'installer cette pratique criminelle,
injuste et traumatisante contre des innocents. Pour endiguer cette dérive, il
est important et urgent d'en rechercher et d'en élucider les causes.
Pourquoi Bukavu, et, en particulier, l'archidiocèse de Bukavu, ses prêtres, ses
religieux et ses religieuses et ses institutions ?
Avant de tenter de répondre à cette il est important de noter que, dans la
plupart des cas, ces crimes à répétition dirigés contre les ecclésiastiques et
les religieux de l'archidiocèse de Bukavu, ont été perpétrés, selon les témoins,
par des hommes armés, en uniforme militaire. Il sied également de signaler que
les quatre derniers actes criminels sont intervenus au cours des trois derniers
mois : attaque et pillage du presbytère et prise des prêtres en otage à Ciherano
le 3 octobre 2009 à 20h et leur libération contre paiement d'une rançon le
surlendemain ; attaque et pillage du complexe scolaire de Nyangezi dirigé par
les frères maristes, le 5 octobre 2009 à 19h ; attaque du presbytère de Kabare
et assassinat par balle de l'abbé Cizimya Daniel, le 6 décembre 2009 à 2h ;
assassinat par balle de la sœur Denise au monastère cistercien de Murhesa, le 7
décembre à 19h. Ces assassinats s'inscrivent dans la série de nombreux autres
perpétrés, ces deux dernières années, dans le Sud Kivu et surtout à Bukavu,
contre des civils innocents, et en particulier contre les leaders d'opinion,
notamment les journalistes et les chefs coutumiers. Enfin, aucune des enquêtes
judiciaires engagées n'a jusqu'ici abouti à des résultats probants. Il faudrait
attendre leurs conclusions pour se prononcer définitivement sur les faits et
établir les responsabilités. Toutefois, à défaut de tout dispositif préventif,
il y a lieu de craindre que la série noire ne s'arrête pas là.
Par ailleurs, comme nous le verrons, les causes de cette situation ne sont pas
principalement locales : elles relèvent des décisions prises par les dirigeants
du pays au niveau national dans le contexte d'un Etat congolais affaibli et
sinistré, et en rapport avec la configuration géopolitique et géostratégique
actuelle de la sous région des Grands Lacs d'Afrique et du monde. C'est donc à
ces différents niveaux qu'il faut porter le débat et examiner cette situation,
si l'on veut y apporter une solution adéquate.
Quelles sont donc les causes de ce terrorisme dirigé contre l'Eglise catholique
à Bukavu, qui fait penser à un processus de „ somalisation « dans le Kivu ? Et
quelles sont les pistes de solution susceptibles d'être explorées et exploitées
?
• LES CAUSES
1. Les causes apparentes ou immédiatement perceptibles
• Les prêtres et les religieux sont des témoins gênants des viols, des massacres
et des violations des droits de l'homme massivement perpétrés dans cette région
depuis 1996 par les diverses rebellions et factions armées y compris les Forces
armées de la République démocratique du Congo. Depuis l'implication directe de
l'ONU dans la transition en RDC, ces crimes se commettent sous l'oeil impuissant
et coupable de la MONUC qui se contente de les dénoncer sans les prévenir ou les
empêcher, et surtout, sans assurer, conformément à son mandat, la protection des
populations civiles innocentes.
• Nul n'ignore le rôle de premier plan joué par l'Archidiocèse de Bukavu , sous
la houlette de ses évêques successifs, dans la résistance populaire à l'invasion
et à l'assujettissement de la RDC par diverses coalitions politico militaires
rwando-congolaises illégales qui mènent une guerre meurtrière dans le pays
depuis 1996 à ce jour. De là à considérer l'Eglise catholique comme
l'institution à abattre pour briser la résistance populaire à l'hégémonie
rwandaise qui s'est installée et se renforce dans la région à la suite de la
faiblesse et de la capitulation militaires et diplomatiques de Kinshasa face à
Kigali, il n'y a qu'un pas qui a été franchi. La tactique choisie à cette fin,
c'est le terrorisme ciblé contre l'Archidiocèse de Bukavu, ses prêtres, ses
religieux et religieuses, et ses institutions.
• Les prêtres et les religieux ainsi que les institutions d'Eglise constituent
des caisses de résonnance de l'insécurité qui règne dans la région et de
l'incapacité de l'Etat à protéger ses populations et de restaurer l'autorité de
l'Etat . L'assassinat des prêtres et des religieux est médiatisé, tandis que les
crimes, plus nombreux mais tout aussi crapuleux, perpétrés contre des civils
sont moins connus et suscitent moins de réactions et d'émotion dans l'opinion
aussi bien locale et nationale qu'internationale. Les trois assassinats des
journalistes à Bukavu, assassinats jusqu'ici non élucidés, participeraient de la
même stratégie du choix porté sur des cibles susceptibles d'une large
médiatisation et donc d'influence dans l'opinion tant nationale
qu'internationale.
• Les groupes armés non gouvernementaux chercheraient à attirer l'attention
nationale et surtout internationale sur leurs revendications , dans l'espoir de
décrocher des négociations politiques débouchant sur des accords qui leur
permettraient d'accéder au partage du pouvoir tout en échappant à la justice.
Cette pratique immorale et antidémocratique a été institutionnalisée depuis la
transition, en RDC avec la formule 1+4. Elle a été soutenue et installée avec la
complicité de la communauté internationale. Les soldats de l'armée nationale,
quant à eux, recourraient au crime afin d'attirer l'attention sur leur situation
salariale et sociale désastreuse (sous-paiement, impaiement, retard de paiement,
détournement de leur solde et de leurs rations alimentaires par les officiers...).
2. Les raisons politiques, géostratégiques et géopolitiques
• La poursuite du plan de la balkanisation de la RDC et de l'annexion de sa
partie orientale au Rwanda : Cet objectif qu'il n'a pas été possible de réaliser
par la guerre, n'a pas été abandonné. Sa concrétisation se poursuivrait par de
nouvelles stratégies consistant à créer et à maintenir à l'est du pays un climat
d'insécurité qui démontre l'incapacité de l'Etat congolais à pacifier, à
sécuriser, à gérer et à gouverner cette partie de son territoire . Ce plan de la
balkanisation de la RDC est en cours avec la complicité de l'Etat congolais
incapable de maitriser sa démographie, de contrôler le flux migratoires à ses
frontières et de sécuriser son territoire. Bien plus, le premier bénéficiaire de
ce plan, notamment le Rwanda qui y trouverait la solution à son problème crucial
de surpopulation et d'insuffisance d'espace vital, est parvenu à s'imposer
militairement et diplomatiquement, sur la RDC fragilisée par une guerre d'usure,
par la mauvaise gouvernance et par la corruption, l'incurie et la vénalité de
bon nombre de ses dirigeants. Prenant acte des rapports réels de force entre
Kigali et Kinshasa, la communauté internationale a imposé à celle-ci
l'acceptation de l'hégémonie rwandaise dans la région et le partage des
ressources et de territoire congolais avec ses voisins, ouvrant, de ce fait, la
voie à un processus larvé de l'annexion du Kivu au Rwanda .
• Ce climat de „ ni guerre ni paix « qui perdure dans l'est de la RDC continue à
favoriser l'exploitation illégale des ressources naturelles et stratégiques dont
regorge cette partie du pays , par les réseaux maffieux étatiques et non
étatiques, nationaux et internationaux mis en place à la faveur de la guerre et
qui ont leurs bases de transit dans les pays limitrophes, notamment le Rwanda et
l'Uganda et même le Burundi. Les rapports successifs des experts de l'ONU ont
bien identifié ces réseaux maffieux demeurés actifs jusqu'à ce jour, avec la
complicité des Etats voisins et autres occidentaux et asiatiques…explicitement
identifiés et connus , qui les hébergent.
• La tactique de la diabolisation systématique de tous les leaders politiques et
religieux Bashi par le lobby tutsi qui les fait passer pour des "racistes" afin
de briser, en la décapitant, la résistance populaire congolaise du Kivu à la
politique hégémonique, expansionniste, militariste et prédatrice du régime de
Kigali . LL EE NNSS Munzihirwa, Kataliko, anciens archevêques de Bukavu pendant
la guerre...ont été ainsi faussement accusés de tribalisme et de racisme par le
lobby tutsi afin d'édulcorer et de décrédibiliser leur action prophétique en
faveur de la paix et leur dénonciation des violations massives des droits de
l'homme et des viols et des massacres odieux perpétrés contre les populations
civiles innocentes. AUJOURD'HUI, S.E. Mgr Maroyi François Xavier fait l'objet de
la même diabolisation au sein des officines des ambassades occidentales à
Kinshasa, qui, dans leur naïveté et leur habituelle complaisance envers Kigali
en raison de leur responsabilité dans le génocide au Rwanda, se laissent
facilement manipuler et intoxiquer par le même lobby tutsi, infiltré dans toutes
les organisations internationales, et même au sein des institutions d'Eglise.
Aujourd'hui, l'Archidiocèse de Bukavu est exclu lorsqu'il s'agit d'accorder des
aides financières internationales des pays de l'UE, dans le cadre du processus
de la pacification de l'est de la RDC , sous le prétexte que les prêtres de
Bukavu et leur pasteur seraient des racistes anti-tutsi, traumatisés par la
guerre. Ce faisant d'ailleurs, on inverse les rôles : les bourreaux coupables
prennent la place des victimes innocentes, et ces dernières deviennent
paradoxalement les bourreaux et les coupables. Quelle injustice !
• L'incapacité de l'Etat congolais à sécuriser et à protéger sa population . Sur
le plan militaire et sécuritaire, l'échec des opérations militaires Umoja wetu,
Kimya I et Kimya II a été constaté et dénoncé par le récent rapport des experts
de l'ONU . Le commandant de la MONUC , le général Babacar Gaye a déclaré à la
presse , en novembre dernier, que les éléménts du FDLR n'ont été neutralisés
qu'à 35&percnt, tandis que les experts de l'ONU ont, dans leur dernier rapport,
signalé que le FDLR recrute des nouveaux combattants au Rwanda et qu'il les fait
entrer en RDC par le Burundi et l'Uganda . Pendant ce temps, les populations
civiles innocentes du Kivu, en errance à la suite des opérations militaires
contre les FDLR, continuent à être victimes des viols, des exactions de tous
genres (maisons incendiées, assassinats…) de la part de tous les groupes armés
étrangers et nationaux. L'intégration des Tutsi Rwandais dans les FARDC, à
l'occasion du brassage des troupes du CNDP, à la suite des accords de décembre
2008 et de l'opération Umoja wetu, a renforcé le caractère hétéroclite et la non
fiabilité de l'armée nationale congolaise. Ce sont ces unités brassées,
conglomérats de bandes armées, dont certains commandants issus du CNDP
continuent à rester inféodés à Kigali, qui sont déployées dans le Kivu dans le
cadre de l'opération Kimya II. Une bonne part des crimes, des viols, des vols,
des assassinats et des violations des droits de l'homme leur est imputable et
leur est effectivement imputé par de nombreux rapports de la MONUC et des
organisations humanitaires présentes sur le terrain .
• Sur le plan diplomatique, la RDC n'a été capable ni de gagner la guerre contre
le CNDP(armé par Kigali), ni de négocier une vraie paix. Ce qui pousse le Rwanda
à continuer à tirer profit de sa victoire militaire et diplomatique pour mieux
asseoir son hégémonie dans la sous-région et favoriser le déversement d'une
partie de sa population dans le Nord Kivu. L'existence d'une administration
parallèle dans le Masisi et dans Rutshuru illustre bien cette présence
persistante du CNDP, dont les accointances avec Kigali ne sont pas à démontrer.
Bien plus, la récente tentative avortée de l'invasion de l'est par les Tutsi à
la frontière burundaise, et l'invasion en cours, du territoire de Rutshuru par
des dizaines de milliers de rwandais démontrent combien la régularisation des
relations diplomatiques entre la Kinshasa et Kigali a été un marché des dupes.
• Sur le plan politique, l'opacité et l'absence du débat démocratique qui ont
entouré Umoja wetu, Kimya I et Kimya II, et l'intégration des rwandais présents
dans le CNDP au sein des FARDC par le truchement d'un brassage précipité et
empirique, continuent à alimenter les frustrations et les incompréhensions de la
population congolaise qui assiste médusée au bradage de l'intégrité du
territoire et de la souveraineté nationale. En négociant la paix avec le Kigali
sans l'appui et en dehors du peuple congolais,et après des revers militaires
devant Nkunda, Kinshasa s'est fragilisé davantage et s'est lui-même condamné à
une capitulation sans condition et aux conséquences préjudiciables à l'intérêt
national. Bien plus, les FARDC continuent à entretenir des liens résiduels de
complicité avec les FDLR, au point qu'il y a lieu de se demander si les
opérations militaires en cours ne sont pas des simulacres destinés à couvrir des
trahisons inavouables . Kinshasa porte la responsabilité de la situation
sécuritaire chaotique consécutive aux accords rwando-congolais de décembre 2009,
demeurés jusqu'à ce jour secrets. Et lorsque la population qui en est victime
s'en plaint, certains dirigeants lui rétorquent cyniquement que c'est elle, la
population, qui est complice des FDLR qui la maltraitent…Ils orchestrent une
campagne systématique de désinformation sur la situation sécuritaire qu'ils ne
maîtrisent pas. Certains croient soutenir le régime en demandant à la population
de s'organiser pour se défendre contre les soldats indisciplinés de l'armée
nationale dont certains éléments se rendent coupables de viols, de massacres,
d'exactions et de graves violations des droits de l'homme. Alors qu'il revient
au commandement militaire d'encadrer les soldats et d'assurer la discipline au
sein de l'armée, certains dirigeants se croient en droit de défendre, avec un
cynisme et une arrogance méprisants, ces criminels, en s'en faisant ainsi les
complices. En tout état de cause, un gouvernement qui n'est pas en mesure
d'assurer la sécurité de sa population, devrait démissionner. Chercher à
transformer en vertu une telle incapacité, relève de la prostitution
intellectuelle et d'un militantisme politique irrationnel et contreproductif. La
sécurisation de la population constitue, en effet, la mission et le devoir
primordiaux de tout Etat.
• Quelques pistes de réflexion et de solution
Le problème de l'insécurité persistante à l'est de la RDC s'inscrit dans le
contexte global de la défaillance, de la déliquescence, de la faiblesse et de la
démission de l'Etat congolais. Il ne pourra être résolu de manière définitive
que par la restauration de l'Etat congolais et de son autorité sur l'ensemble du
territoire.
Cette restauration de l'Etat repose sur quatre piliers : une classe dirigeante
compétente, honnête et acquise à la bonne gouvernance ; une justice indépendante
et impartiale et efficace ; une administration a-politique et rigoureusement
organisée ; et enfin, une armée républicaine, performante et dissuasive.
Plus immédiatement, dans l'est de la RDC , il faudrait :
Sur le plan interne, demander et obtenir :
• l'encasernement de toutes les unités militaires brassés et leur transfert dans
des camps situés dans les provinces de l'ouest du pays ;
• la planification de leur démobilisation progressive et de leur insertion
socio-économique ;
• leur remplacement par des unités républicaines, disciplinées et mieux
encadrées ;
• la protection des populations civiles innocentes et des déplacés en errance
dans la région ;
• la mise en place d'une justice rigoureuse et efficace, chargée des dossiers
des viols, des incendies des villages, des assassinats et des autres violations
des droits de l'homme ;
• la déclassification et la revisitation en toute transparence par l'Assemblée
nationale, des accords de paix conclus en décembre 2008 et portant sur
l'opération militaire conjointe rwando-congolaise Umoja wetu.
• l'évaluation par une commission parlementaire, des résultats des opérations
militaires Kimia I et Kimia II et du dossier de l'invasion du Kivu par des
Rwandais se faisant passer pour des réfugiés congolais ;
• l'évaluation globale, par une autre commission parlementaire, de la situation
sécuritaire à l'est de la RDC ,notamment dans les Uélé, en Ituri, dans le Nord
Kivu et le Sud Kivu.
• la mise en place d'un processus efficace du contrôle des flux migratoires des
populations à la frontière orientale du pays et le recensement de la population.
Sur le plan diplomatique, il faudrait :
• Obtenir que le Rwanda organise le dialogue politique interwandais pour
résoudre le problème rwando-rwandais du génocide et des FDLR . Toutes les
solutions militaires proposées par la Communauté internationale ont, en effet,
échoué. Et la RDC ne peut continuer à vivre son présent et à hypothéquer son
avenir sur fond du passif du passé d'un autre pays. N'ayant pas pu traduire en
justice et traquer les auteurs de la mort de près de six millions de ses
citoyens, victimes d'une guerre postérieure au génocide rwandais de 1994, la RDC
n'a aucune raison qui puisse justifier qu'elle continue à accepter que son armée
serve d'instrument de poursuite par Kigali de ses rebelles rwandais du FDLR
présumés génocidaires qui ne peuvent rentrer chez eux, faute des conditions
politiques de sécurité et d'accueil. La RDC est un pays souverain qui ne peut et
ne doit s'inféoder au Rwanda dans une opération qui sacrifie ses propres
intérêts et met en jeu la vie de sa population de l'est.
• Quant au partage des ressources naturelles de la RDC , il ne peut légalement
lui être imposé de l'extérieur et à son détriment. La RDC est un Etat souverain
qui demeure le propriétaire légal de son sol et de son sous-sol. Tout partage de
ses ressources naturelles doit se faire dans le strict respect de cette
souveraineté garantie par le droit international, et donc dans la légalité et la
transparence.
• Il faudrait, enfin, que la Communauté internationale s'implique davantage dans
la lutte contre les réseaux maffieux étatiques et non étatiques, locaux et
internationaux, ainsi que contre les multinationales qui continuent à se servir
du Rwanda et de l'Uganda et d'autres pays limitrophes, comme bases d'accès à
l'exploitation frauduleuse et illégale des ressources naturelles de la RDC .Il
est en effet de notoriété publique que l'insécurité persistante à l'est de la
RDC est alimentée par l'exploitation illégale des ressources naturelles du pays.
CONCLUSION
La RDC n'est la propriété privée de personne : elle appartient au peuple
congolais tout entier. Bien plus, les dirigeants congolais ont le devoir de
gérer le pays conformément à la volonté du peuple, souverain premier. Ils n'ont
pas le droit d'inverser les rôles en prenant le peuple en otage et en lui
imposant leur diktat ou des décisions contraires à ses intérêts vitaux. Les
élections n'ont pas donné un chèque en blanc aux dirigeants élus qui demeurent
comptables devant le peuple et doivent lui rendre régulièrement compte. Les
dirigeants autocrates, cyniques, arrogants qui se croient autorisés à se
soustraire au contrôle du peuple, à le manipuler et à l'asservir, sont des
tyrans en puissance et des fossoyeurs de la démocratie. Ils devraient rendre le
tablier. Enfin, l'Etat a, comme mission et devoir primordiaux, de sécuriser sa
population. Un Etat incapable de protéger sa population est un Etat défaillant
et sans raison d'être. En politique comme en géopolitique, la faiblesse
constitue non seulement un vice, mais aussi et surtout une faute lourde et
souvent fatale.
Fait à Kinshasa, le 10 Décembre 2009
Prof. Abbé Richard MUGARUKA M.
Sous le titre évocateur „ Bakanisation en marche : changement de méthodes «, le
quotidien kinois Le Potentiel, du 19 octobre 2009, écrit : „ Floraison d'études
sur la problématique du développement des pays africains. Quatre thèses ont
tendance a émergé pour expliquer cette situation : étendue géographique, densité
démographique, ressources naturelles et montée en puissance de l'ethnicisme. Des
théories qui vont à l'encore des objectifs de l'Union africaine de réussir
l'intégration sous-régionale, tant sur le plan économique et politique, mais qui
favorise la création des „ Etats nains «. Le Soudan, le Nigeria, l'Angola et la
RDC sont visés . Comme pour dire , la balkanisation a la peau dure «.
Voici ce que rapporte à ce sujet un article paru dans le quotidien kinois La
Tempête des Tropiques , du 25 Novembre 2009, sous le titre évocateur : „
Prolifération de maquis et afflux des réfugiés rwandais. Le Kivu subit une
annexion silencieuse « : „ Les instigateurs et les partisans de ce plan
machiavélique l'auraient-ils enterré, ou auraient-ils tout simplement temporisé?
Le regroupement des belligérants majeurs et mineurs à Kinshasa, gratifiés des
primes d'encouragement à la guerre avec leur coparticipation à la gestion du
pays qu'ils venaient de piller et de ravager; le processus électoral dont sont
sortis les nouvelles institutions et leurs animateurs; l'accord de Nairobi signé
entre Kinshasa et Kigali, la conférence de Goma sanctionnée par un acte
d'engagement signé par le gouvernement et tous les groupes armés opérant au Kivu
; l'installation à Goma d'une structure supranationale permanente composée des
Plénipotentiaires de certaines puissances d'Europe occidentale et d'Amérique du
Nord ;le brassage ; les opérations militaires combinées RDC-Rwanda au Nord Kivu
; l'intégration des éléments du CNDP dans les institutions; les opérations Kimia
II etc.
Toutes ces stratégies n'ont pas mis fin à la guerre et ramené la paix au Kivu.
La situation va toujours de mal en pis. Les rapports de la Monuc et des ONG de
défense des droits de l'homme aussi bien internationales que nationales
décrivent dramatiquement cette situation, tant et si bien que d'autres parmi
elles s'attirent le foudre du pouvoir. Le pourrissement • d'une situation
chronique qu'on ne parvient pas à maîtriser ou à endiguer, peut à la longue
devenir le fait accompli. C'est vers là que le Kivu s'achemine.. La
balkanisation peut s'opérer par des procédés directs ou indirects, tous les
chemins menant à Rome.
La faillite de toutes les stratégies et la persistance de l'imbroglio sur le
terrain n'autorisent pas à pressentir le contraire. Des groupes armés rebelles
font allégeance aux institutions légales du pays, sont intégrés dans l'armée
régulière et mêlés aux opérations de pacification. D'autres, par contre, déjà
repentis et familiarisés avec les FARDC, font défection et retournent dans le
maquis «.
On peut notamment lire dans le Rapport n° S/2008/773 du 12/12/ 2008 du Conseil
de sécurité de l'ONU, aux § 128 et 129 ce qui suit. Au § 128 : „ Selon le Centre
d'évaluation, d'expertise et de certification des substances minérales
précieuses et semi-précieuses (CEEC), en 2007 la RDC a exporté officiellement à
l'est du pays à peu près 14.694tonnes de cassitérite, pour une valeur d'environ
45 millions de dollars US ; 1.193 tonnes de wolframite, pour une valeur
d'environ 4.270.000 dollars ; et 393 tonnes de coltan pour une valeur d'environ
3.620.000 dollars. Les statistiques officielles du CEEC indiquent que pour
l'année en cours (2008) le volume des exportations de cassitérites avait déjà
atteint près de 12.000 tonnes en juillet, pour une valeur estimée à environ 127
millions de dollars en raison des pics enregistrées dans le cours de l'étain
avant que les prix des produits de base ne chutent sur les marchés mondiaux. La
production du coltan avait alors atteint près de 300 tonnes,, pour une valeur
d'environ 5.420.000 dollars. En 2007, 105 kilogrammes d'or ont été
officiellement produits. Le Groupe estime que touts ces chiffres sont très en
dessous de la réalité, en raison notamment de la sous-estimation systématique de
la teneur en minerai, il a reçu des témoignages fiables d'exportations massives
en contrebande dans les papys voisins.
§ 129. La cassitérite, le coltan et le wolframite sont officiellement exporté
par des entreprises installées en Belgique, au Rwanda, en Malaisie, en Thaïlande,
au Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, à Hong Kong (Chine), au
Canada, en Fédération de Russie, en Autriche, aux Pays-Bas, en Suisse, en Inde,
aux Emirats Arabes uni et en Afrique du Sud. Les principaux points d'exportation
de ces minerais sont Mombasa et Dar-ès-Salaam. La cassitérite et le coltan sont
utilisés dans l'industrie électronique, tandis que le wolframite entre dans la
composition du tungstène. L'or sort en contre bande par les pays voisins avant
de rejoindre principalement les Emirats arabes unis et l'Europe «.
Voir Jeune Afrique n° 2514, du 15 au 20 mars 2009, à la page 42, dans la grande
interview de Paul Kagame , où ce dernier, contre tout respect du principe de
parallélisme de forme, s'en prend à Vital Kamerhe, alors président de
l'Assemblée nationale, qui n'était pas son homologue .
Voir Rapport confidentiel du Groupe des experts de l'ONU sur la RDC , rapport
datant du 9 novembre 2009 et référencié par les journaux belges „ „ La Libre
Belgique « et „ Le Soir «, du 25 novembre 2009. Selon le journal Le Soir, „ les
rebelles hutus rwandais qui sévissent dans l'est de la République démocratique
du Congo ont bâti un réseau de financement et de soutien international qui fait
échec à toute tentative de neutralisation «.
Voir surtout le rapport n° S/2009/603 du 23 novembre 2009 du Conseil de Sécurité
de l'ONU qui
„ conclu t que les opérations militaires menées contre les Forces démocratiques
de libération du Rwanda (FDLR) n'ont pas permis de démanteler les structures
politiques et militaires de cette organisation sur le terrain dans l.est de la
République démocratique du Congo. Le nombre croissant des combattants des FDLR
qui font défection et l'expulsion temporaire des FDLR de bon nombre de leurs
bases ne constituent qu'un succès partiel puisque ce groupe armé .est
reconstitué en plusieurs lieux dans les Kivus et continue de recruter de
nouveaux combattants. Le rapport montre que les FDLR continuent de bénéficier
d'un appui résiduel mais important d'officiers supérieurs des Forces armées de
la République démocratique du Congo (FARDC), en particulier d'officiers de la
10e région militaire (Sud-Kivu), et qu' elles ont conclu des alliances
stratégiques avec d'autres groupes armés aussi bien dans le Nord-Kivu que dans
le Sud-Kivu. Les FDLR ont utilisé des réseaux d'appui extérieurs régionaux et
internationaux sur le terrain pour contrecarrer les effets de Kimia II (opération
militaire dirigée par les FARDC contre les FDLR), notamment des réseaux en place
au Burundi et en République-Unie de Tanzanie. Le Groupe d'experts a également
établi que les FDLR disposent d'un vaste réseau international dans la diaspora
qui participe à la gestion quotidienne du mouvement, à la coordination des
activités militaires et du trafic d'armes et à la gestion des activités
financières. Le rapport présente deux études de cas sur la participation de
personnes liées à des organisations confessionnelles. Le Groupe a enquêté sur
l'exploitation en cours des ressources naturelles par les FDLR dans les Kivus,
notamment des gisements d'or et de cassitérite qui, selon ses calculs,
continuent de fournir des millions de dollars de financement direct aux FDLR. Le
rapport montre comment les réseaux d'exploitation d'or des FDLR sont étroitement
imbriqués aux réseaux de commercialisation opérant en Ouganda et au Burundi
ainsi que dans les Émirats arabes unis. Le Groupe relève aussi qu'un certain
nombre d'entreprises d'exportation de minéraux, dont certaines ont été citées
dans son précédent rapport en 2008, poursuivent leurs transactions commerciales
avec les FDLR. Le rapport montre que les acheteurs finals de cette cassitérite
sont notamment la Malaysia Smelting Corporation et la Thailand Smelting and
Refining Company, propriétés de Amalgamated Metals Corporation, société du
Royaume-Uni.
Le rapport contient une analyse sur l'.intégration des groupes armés non
Étatiques dans les FARDC dans le cadre du processus d.intégration accélérée
entamé en janvier 2009 ainsi qu'avant et pendant les opérations militaires
conjointes des FARDC et des Forces de défense rwandaises (FDR), Umoja Wetu et
Kimia II. Dans ce contexte, les officiers du Congrès national pour la défense du
peuple (CNDP), en particulier le général Bosco Ntaganda, détiennent toujours des
armes lourdes acquises pendant leur période de rébellion, alors même qu.ils sont
officiellement intégrés dans les FARDC et contrôlent toujours des activités
génératrices de revenus et des administrations locales parallèles. Le Groupe
présente aussi des preuves documentaires indiquant que le général Ntaganda
continue d'agir en tant que commandant en second de l'opération Kimia II.
Les officiers du CNDP déployés dans le cadre de l'opération Kimia II des FARDC
ont tiré profit de leur déploiement dans des régions riches en ressources
minérales, notamment à la mine de Bisie à Walikale, au Nord-Kivu, et dans le
territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Dans ces régions, les commandants des FARDC
sur le terrain sont d'anciens officiers du CNDP. Le Groupe présente dans le
rapport des preuves indiquant que des responsables militaires du CNDP ont
directement participé à l'approvisionnement en minéraux d'entreprises
d'exportation installées dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dont certaines sont
également des fournisseurs des mêmes sociétés internationales susmentionnées.
Le Groupe a vérifié l'application du paragraphe 5 de la résolution 1807 (2008),
dans lequel le Conseil de sécurité a décidé que tous les États devront notifier
au Comité des sanctions tout envoi d'armes ou de matériel connexe en République
démocratique du Congo et toute fourniture d'assistance ou de services de conseil
ou de formation ayant un rapport avec la conduite d'activités militaires dans le
pays, d'autant qu'il a découvert que du matériel militaire des FARDC était
constamment détourné au profit de groupes armés non gouvernementaux, notamment
les FDLR. Le Groupe a relevé, preuves irréfutables à l'appui, des livraisons
irrégulières d'armes à la République démocratique du Congo en provenance de la
République populaire démocratique de Corée et du Soudan ainsi que des livraisons
de camions et d'aéronefs qui ont été utilisés par les FARDC. Le rapport révèle
aussi que certains États n.ont pas notifié au Comité des sanctions les services
de formation qu'ils fournissaient aux FARDC «.
Voir le quotidien kinois, Le Palmarès , n° 4682, du 13 Novembre 2009 où l'on
peut lire que selon le Général Babakar Gaye, commandant de la MONUC , „ près de
35&percnt des combattant FDLR ont été neutralisés depuis le lancement de leur traque
dans les provinces du Nord Kivu «
Contrairement aux idées reçus, les combattants FDLR en action dans les deux Kivu
ne sont pas tous issus du groupe des présumés génocidaires réfugiés en RDC en
1994. Le recrutement de nouveaux combattants se poursuit, encore aujourd'hui, à
partir du Rwanda, via le Burundi et l'Uganda, dans la communauté des Hutus, qui
subit le despotisme tutsi au pouvoir à Kigali dans un pays où les Hutus
représentent 85&percnt de la population. Voici ce que rapporte à ce sujet le § 19 du
Rapport n° S/2009/603 du 23 novembre 2009 du Conseil de Sécurité de l'ONU : „ La
MONUC a indiqué que, de janvier au 30 octobre 2009, 1 261 combattants des FDLR
se sont rendus, accompagnés de 1 785 personnes à charge au total, ce qui
représente environ deux fois le nombre de combattants des FDLR rapatriés et
trois fois le nombre total enregistré de personnes rapatriées entre la signature
du Communiqué de Nairobi en 2007 et la fin novembre 2008. Pendant ce temps, les
FDLR ont effectué de nouveaux recrutements de Hutus congolais et de quelques
Hutus rwandais qu.ils ont fait entrer dans le pays par le Burundi et l'Ouganda.
Il est par conséquent difficile de déterminer si les effectifs des FDLR qui,
selon les estimations du Groupe, atteindraient 6 000 à 8 000 combattants en
2008, ont considérablement diminué «..
Le journal La Tempête des Tropiques du 25 Novembre 2009, rapporte dans l'article
déjà cité : „ Les troupes amalgamées, composées d'éléments de toutes provenances
ne peuvent constituer une armée sûre et de confiance. C'est un corps disparate,
mêlé d'agents perturbateurs d'autodestruction qui vont nuire à l'ensemble. Ce
sont ces troupes qu'on a eu dans les opérations dont on déplore les bavures.
Malheureusement ce sont les, FARDC qui en font les frais « . Voir également le
rapport précité n° S/2009/603 du 23 novembre 2009, du Conseil de Sécurité de
l'ONU, notamment les §§ 180, 182, 183, 184 signalent, au sein des unités
intégrées et brassées des FARDC, la présence des soldats et des officiers
demeurés inféodés à Nkunda et donc à Kigali.
Le Rapport S/2009/603 du Conseil de Sécurité de l'ONU, en son § 21, „ a
notamment mis au jour les liens résiduels mais importants qui existent entre les
FARDC et les FDLR. «. Explicitant cette assertion, le rapport poursuit en son §
23 : Le Groupe a établi la réalité de plusieurs cas de détournements d'armes et
de munitions issus des stocks des FARDC au profit de plusieurs groupes armés non
étatiques, en particulier les Maï Maï, le Front national de libération (FNL)2,
les Forces républicaines fédéralistes (FRF) et les FDLR. Nonobstant les
opérations militaires entreprises par les FARDC contre les FDLR, il a réuni des
preuves et des témoignages attestant de la participation de certains officiers
de ces mêmes FARDC, notamment de hauts responsables contrôlant la dixième région
militaire (Sud-Kivu), à des détournements délibérés de matériel militaire. Les
cas constatés ne donnent pas une image complète de l'étendue du soutien matériel
que les FARDC apportent aux groupes armés non étatiques. Le Groupe n‘en estime
pas moins que les autorités de Kinshasa sont conscientes de certaines de ces
fuites sans pour autant prendre les mesures qui conviennent, ce qui est
préjudiciable au contrôle que les FARDC sont censées exercer sur leurs propres
stocks internes, ainsi qu'à leurs opérations militaires contre les FDLR. Le
Groupe a constaté une tentative de détournement de matériel militaire dans la
dixième région militaire en décembre 2008 et corroboré plusieurs autres cas de
détournement ayant eu lieu en 2009 grâce à découverte, avec la collaboration de
la MONUC , de caches d'armes et à l'aide de plusieurs témoignages recueillis au
cours de ses travaux dans le Sud-Kivu, dont ceux fournis par des responsables de
la justice militaire.
La REVERENDE SŒUR DENISE KAHAMBU MUHAYIRWA , du Monastère Notre Dame de la
Clarté-Dieu de MURHESA. La Sœur Denise Kahambu se préparait à fêter ses 45 ans
d'âge le samedi de la semaine où elle a été abattue. Elle a donc été assassinée
par balles 4 jours avant son anniversaire de naissance.
Publié, le 19 decembre 2009
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